L'appel du 18 juin

L’esprit du 18 juin

Par Dino CINIERI

La  crise grecque a montré toute la place et la force d’entraînement  de la France dans le concert européen. Cela ne fait aucun doute. L’engagement déterminé de Nicolas Sarkozy a permis d’éviter le pire. L’ Histoire retiendra  ce moment décisif  où notre pays a assumé, sans hésiter, toutes ses responsabilités. Bien sûr la crise est grave, profonde. Elle est le signe d’un monde en mutation. Comme toutes les grandes nations, la France doit s’adapter à un nouveau contexte international. Cela demande du courage, de la détermination.
De tels enjeux exigeraient un débat démocratique de haut niveau. Or les arguments développés par la gauche se cantonnent à exploiter une démagogie de circonstances. Pour les hiérarques socialistes augmenter les impôts apparaît toujours comme la seule réponse imaginable. Ainsi « Faire payer les riches »constitue la matrice permanente du programme économique et social du PS.
Qu’importe que cela n’ait jamais marché nulle part !
Qu’importe que tous les pays prennent des décisions autrement plus efficaces !
Pourtant le courage consisterait à dire la vérité aux Français. Notre pays a d’authentiques ressources, une capacité d’innovation indéniable, une culture industrielle et commerciale très forte, une diplomatie respectée, un modèle de société à défendre. Nous avons les moyens d’avancer, de construire un avenir à nos enfants mais il nous faut accepter certains changements.
Qui en doute réellement aujourd’hui ?
La solidarité est essentielle, les efforts seront répartis  avec justice. Tout le monde doit cependant se sentir concerné. On ne peut bâtir un projet en montant les catégories sociales les unes contre les autres. La réforme des retraites a été préparée dans cet esprit.
Alors que nous commémorons le 70ème anniversaire du 18 juin, rappelons nous  que la voie est parfois étroite mais que l’Histoire donne raison aux audacieux.

                                         Le 18 juin pour référence

Cet anniversaire  est bien davantage qu’une commémoration.
Pour nous, Gaullistes, c’est un temps de rassemblement autour de nos valeurs fondamentales : - - l’amour de la France,
- la volonté de la servir ,en particulier dans les moments difficiles,
- la clairvoyance,
- l’engagement et le courage.
Le département de la Loire a compté de nombreux résistants.
Nous restons porteurs de leur héritage : défendre la liberté et la solidarité dans un monde de plus en plus complexe.
Au sein d’une Europe en crise, la voix de la France  reste écoutée. En cela Nicolas Sarkozy poursuit l’œuvre du Général de Gaulle.
Car le Gaullisme, c’est le refus de fatalité, l’énergie au service de l’action. Au nom de l’intérêt général l’état a le devoir d’imposer des règles.
De Gaulle croyait en la force de la politique, au rôle essentiel des hommes.
Face aux dérives des marchés financiers, son message reste d’actualité.
Le 18 juin est l’acte fondateur qui a redonné son honneur à la France.
Le 18 juin c’est le refus du renoncement, la foi dans un génie français qui fait de notre pays un exemple.
La famille gaulliste est rassemblée aujourd’hui, dans le souvenir du Général, pour perpétuer l’esprit de résistance et la grandeur de son message.

Dino Cinieri

Montbrison.objectif2014

Le 18 juin 2010, nous avons commémoré le 70ème anniversaire de l'APPEL du Général de GAULLE
Cette commémoration doit être le point de départ d'un nouvel épisode de notre combat pour une autre politique à Montbrison.
Les combats que nous menons c’est bien le Général de Gaulle qui nous les inspire. C’est aussi le Général de Gaulle qui est notre boussole en économie.
De son temps, « la politique de la France ne se faisait pas à la corbeille ».
Une phrase que beaucoup devraient méditer aujourd’hui. Notre combat d’aujourd’hui est donc profondément gaulliste. Parce que pour nous toutes nos convictions ont un point de ralliement : la croix de Lorraine !
Je sais que certains d’entre nous ne veulent pas forcément brandir la référence au gaullisme dans notre combat. Certains de nos compatriotes jugent la référence vieillotte, inadaptée à la situation actuelle. À nous de leur montrer que ce n’est pas vrai !
Comment ne pas reconnaître aujourd’hui l’actualité de sa pensée qui évoquait les « rudes secousses et une somme énorme d’injustices » comme conséquences du laissez faire et du laissez passer ?
Le gaullisme est actuel dans nos pensées qui structurent notre vie politique.
N’oublions pas que le libéralisme est né au 18ème siècle et le socialisme au 19ème alors que le gaullisme est une idéologie de la 2ème moitié du 20ème siècle ! C’est pourquoi la pensée politique du Général de Gaulle est parfaitement à même d’être la boussole de notre pays dans les années à venir.
C’est pourquoi, dans les élections futures que nous mènerons, nous ne devons pas hésiter à brandir la croix de Lorraine. C’est elle qui unit notre pensée et clarifie ce que nous proposons aux Français.
Le GAULLISME doit guider nos pas pour préparer l'avenir, pour que vive le département de la LOIRE, vive la République et vive la France !

Appel du 18 juin, Nicolas Sarkozy rend un vibrant hommage à Charles de Gaulle

18 juin 2010, Discours du Président de la République à Londres à l’occasion du 70ème anniversaire de l'appel du Général de Gaulle

Monsieur le Premier ministre,
Cher et grand peuple britannique,


En ce 70ème anniversaire de l'Appel du 18 juin, lancé par le général de Gaulle sur les ondes de la BBC à l'une des heures les plus tragiques de notre histoire commune, dans cet Hôpital Royal de Chelsea qui est pour l'Angleterre ce que les Invalides sont pour la France, permettez-moi de vous adresser le salut fraternel et la reconnaissance éternelle du peuple français qui se souvient de ce que vous avez accompli pour sa liberté et pour son honneur
En offrant au général de Gaulle l'hospitalité de son foyer, l'Angleterre ne s'est pas seulement comportée en fidèle alliée vis-à-vis de celui qui avait choisi de devenir un proscrit pour incarner le respect de la parole donnée. Car la France avait donné sa parole que dans cette guerre elle ne se séparerait jamais de l'Angleterre, que jamais elle ne cesserait de combattre à ses côtés.
En accueillant chez elle le général de Gaulle, en lui offrant le micro de la BBC, en reconnaissant sa légitimité et celle de la France Libre, l'Angleterre a signifié que pour elle, la seule vraie France - ne fut-elle représentée que par un seul homme - ne pouvait être que celle qui ne l'avait pas trahie, celle qui voulait continuer de se battre, celle qui n'acceptait pas la défaite.
En reconnaissant au général de Gaulle le droit de parler et d'agir au nom de la France, l'Angleterre a rendu à la France le plus bel hommage qu'elle ait jamais reçu parce que cela voulait dire qu'à ses yeux elle ne pouvait se confondre qu'avec la conception la plus élevée de l'honneur.
Elle permit aussi que la résistance française pût tout simplement exister. Car l'Appel du 18 juin n'aurait pu être lancé nulle part ailleurs qu'au sein du seul peuple libre qui sur la terre continuait de résister de toutes ses forces au nazisme.
Alors que dans la France submergée par l'ennemi, profitant du malheur, les chefs trahissaient en demandant l'armistice au mépris de la parole donnée et en s'engageant dans une collaboration qui les conduira à couvrir les crimes les plus atroces, à Londres, le 18 juin, le général de Gaulle répondait à Winston Churchill qui avait juré le 4 juin « Nous ne nous rendrons jamais » : « La flamme de la résistance française ne doit pas s'éteindre et elle ne s'éteindra pas ».
Alors que le peuple britannique se préparait à repousser l'invasion ; seule, dans la nuit qui s'était abattue sur la France et qui serait bientôt rayée par les faisceaux des projecteurs de la DCA à la recherche des avions qui viendraient livrer à la résistance intérieure l'argent, les radios et les armes dont elle avait tant besoin, une voix s'éleva pour dire à tous les Français qui ne voulaient pas se résigner à la défaite qu'ils allaient pouvoir continuer à se battre sous le drapeau et sous l'uniforme français.
Les mots simples et graves du 18 juin sont depuis entrés dans notre Histoire, non parce que beaucoup de Français les entendirent lorsqu'ils furent prononcés, mais parce qu'ils étaient la réponse que cherchaient tous ceux qui voulaient se battre et qui ne savaient pas avec qui, qui ne savaient pas où aller, ni comment.
Les premiers Français Libres, les premiers résistants diront tous la même chose : la première résistance se fit à tâtons, dans l'obscurité. Le général de Gaulle apporta la lumière.
A tous ceux que l'effondrement total de la Nation avait plongés dans le désarroi et dans la révolte, l'Appel du 18 juin va offrir un repère, un cadre, un point de ralliement. Et plus encore, donner à leur combat une cause à servir, un but, eux qui savaient tous contre quoi ils s'étaient révoltés mais qui ne savaient pas encore pour quoi ils allaient s'engager.
Sans le 18 juin, il y aurait quand même eu des résistants. Mais il n'y aurait pas eu la France Libre. Il n'y aurait pas eu le Conseil National de la Résistance. Il n'y aurait pas eu la France parmi les vainqueurs le jour de la capitulation allemande. Il n'y aurait pas eu la France lavée du déshonneur de la collaboration.
Qu'importe qu'en juin 1940 il n'y ait eu à Londres que quelques centaines de volontaires et en France quelques milliers seulement de Français cherchant désespérément à résister. Le 18 juin, le général de Gaulle parle pour l'avenir. et il anticipe déjà sur tout ce qui va se passer à la Libération et après.
L'État-major français croyait que lorsque la France aurait capitulé, l'Angleterre capitulerait à son tour dans les 8 jours.
Le général de Gaulle connaissait les vertus du peuple britannique, son courage, sa ténacité. Il connaissait la détermination de son Premier ministre. Il savait que l'Angleterre ne céderait pas et que si elle ne cédait pas, la guerre deviendrait mondiale.
Il savait que cette guerre mondiale, l'Allemagne ne pourrait pas la gagner.
Il savait que si la France sortait de la guerre elle sortirait aussi de l'Histoire parce que l'Histoire s'écrirait sans elle.
Le 8 août 1940 Winston Churchill avait adressé à tous les aviateurs et soldats de la Royal Air Force l'ordre du jour suivant : « La bataille pour l'Angleterre va commencer. Les membres de la RAF doivent avoir toujours présent à l'esprit que le sort de générations entières est remis entre leurs mains ».
La première bombe tombera sur Londres le 24 août. Le 7 septembre 100 bombardiers jetteront sur la ville leur cargaison de mort. Le 15 septembre l'aviation anglaise repoussera l'attaque aérienne la plus massive que l'Angleterre ait jamais eu à subir. Ce jour que l'on appellera « le jour de la bataille d'Angleterre » marquera un tournant. La dernière attaque aérienne sur Londres aura lieu le 10 mai 1941. La bataille d'Angleterre aura fait 40 000 morts et 50 000 blessés anglais. Dans ces moments critiques, la famille royale sera exemplaire : le roi Georges VI et la reine Elizabeth resteront à Londres aux côtés de leur peuple et lui apporteront un soutien moral déterminant.
Winston Churchill dira « jamais dans l'histoire des conflits un si grand nombre d'hommes ont dû autant à un si petit nombre ».
Le peuple français, comme le peuple britannique, sait ce qu'il leur doit.
Parmi eux, il y avait quinze pilotes de la France Libre dont neuf mourront au combat.
Qu'importait le nombre...
Qu'importait le nombre des marins, des aviateurs, des soldats. Chacun avait librement choisi son destin. Et dans le ciel de Londres, sur la mer, sous le soleil d'Afrique, à Bir-Hakeim, partout, tous auront un comportement admirable de dignité et de courage, comme ceux qui passeront dans la clandestinité, comme les combattants des maquis, comme ceux qui se battront en Italie, au Mont Cassin, au Garigliano, sur les plages de Provence, dans tous les combats pour la libération du territoire.
Aucun d'entre eux pourtant ne se considèrera comme un Héros.
Chacun aura seulement le sentiment d'avoir fait son devoir.
Ce devoir, ils le feront en sacrifiant leur jeunesse, leur carrière, leur vie.
La petite phalange de volontaires qui commença ici cette aventure glorieuse et tragique, démunie de tout moyen matériel, n'avait d'autre force que la force spirituelle qu'elle puisait en elle dans le sentiment d'être dépositaire de tout ce que la France, avec ses valeurs, sa langue, sa culture, son histoire pouvait incarner aux yeux du monde. Et « ils voulaient pouvoir aimer la France tout en aimant la justice »
Ce sentiment était fortifié, soutenu par la chaleur, la gentillesse, la générosité que le peuple britannique leur témoignait.
Il était porté par la conviction que chacun avait d'avoir trouvé un chef qui allait le mener sur les chemins de « l'honneur, du bon sens et de l'intérêt supérieur de la patrie » jusqu'à la victoire finale.
Cette force spirituelle fut plus grande que la force matérielle qui leur manquait. Elle compensa la faiblesse du nombre. De ces « clochards épiques » comme disait Malraux, elle fit des vainqueurs.
Quels qu'avaient pu être avant la guerre leurs opinions politiques, leurs engagements, leur religion, ils se battirent tous au fond pour la même idée de la liberté, la même idée de l'homme, la même idée de la civilisation. Tous le comprendront plus tard quand s'ouvriront devant eux les premiers camps de la mort et qu'ils rencontreront les premiers morts-vivants rescapés de l'enfer.
Ces soldats improvisés que rien au départ ne prédisposait à se battre ensemble pour la même cause, et que le général de Gaulle rassembla comme Churchill rassembla le peuple britannique, ne se contenteront pas de libérer la France.
Après la guerre, ils se battront pour la paix aussi farouchement qu'ils s'étaient battus pour libérer leur pays. Ils connaissaient mieux que quiconque ce que la guerre peut engendrer de peines, de souffrances et de malheur.
Winston Churchill, ce vieux lion si acharné à détruire l'Allemagne hitlérienne, réclamera aussitôt que les armes se seront tues, la création des États Unis d'Europe.
Et le général de Gaulle dira à Adenauer :
« N'oublions rien du passé mais regardons ensemble vers l'avenir ».

Monsieur le Premier ministre,
En juin 1940 le gouvernement britannique offrit généreusement à la France d'unir nos deux nations.
Aujourd'hui, c'est en assumant ensemble la responsabilité particulière qui est la leur en Europe du fait de leur histoire et de leur puissance matérielle, en assumant ensemble la défense de la liberté et de la démocratie partout dans le monde comme elles l'ont toujours fait, comme elles le font encore, que la Grande Bretagne et la France seront fidèles à ceux qui sont morts pour elles dans le ciel de Londres, les déserts de Libye, sur les plages de Normandie, dans la plaine d'Alsace quand tout ce que nous aimons de la vie était menacé de disparaître.
En commémorant aujourd'hui le 70ème anniversaire du 18 juin 1940 la Nation britannique et la Nation française se souviennent que leur unité a toujours été la condition de leur survie
Tous les peuples d'Europe doivent se souvenir aussi qu'en juin 1940 la civilisation européenne a failli périr à jamais, que l'unité de l'Europe est la condition de la survie de sa civilisation et que, par conséquent, chacun doit faire tout ce qu'il peut pour la préserver.
Ce n'est que par cette prise de conscience et par cette volonté commune que le « non » fermement opposé en juin 1940 à la barbarie par des hommes et des femmes de bonne volonté prend tout son sens.
Et c'est le plus bel hommage au fond que nous puissions leur rendre.

Vive la France !
Vive la Grande-Bretagne !
Vive l'amitié franco-britannique !

- 70 ème ANNIVERSAIRE DE L'APPEL DU GENERAL -

http://www.montbrison-objectif2014.fr/article-70-eme-anniversaire-de-l-appel-du-general-52201010.html

Le 18 juin 1940, depuis la BBC à Londres, le général de Gaulle lance un appel aux militaires français alors que le gouvernement Pétain négocie avec l'Allemagne. Son message sera diffusé sur les ondes à 22 h et rediffusée le lendemain à 16 h. Peu écouté sur le moment, il est repris dans les journaux encore libres du sud de la France puis affiché dans les rues de Londres et devient le symbole de la résistance. Réenregistré le 22 juin, le jour même de l'armistice franco-allemand, le texte s'est plusieurs fois transformé. L'appel original a d'ailleurs une tonalité moins guerrière que les versions suivantes, certains dirigeants anglais interdisant au départ à de Gaulle de stigmatiser Pétain. Le 28 juin, de Gaulle sera reconnu par Winston Churchill, comme le chef des Français libres.

Le texte original du 18 juin 1940

"Les chefs qui, depuis de nombreuses années, sont à la tête des armées françaises, ont formé un gouvernement.
Ce gouvernement, alléguant la défaite de nos armées, s'est mis en rapport avec l'ennemi pour cesser le combat.
Certes, nous avons été, nous sommes, submergés par la force mécanique, terrestre et aérienne, de l'ennemi.
Infiniment plus que leur nombre, ce sont les chars, les avions, la tactique des Allemands qui nous font reculer. Ce sont les chars, les avions, la tactique des Allemands qui ont surpris nos chefs au point de les amener là où ils en sont aujourd'hui.
Mais le dernier mot est-il dit ? L'espérance doit-elle disparaître ? La défaite est-elle définitive ? Non !
Croyez-moi, moi qui vous parle en connaissance de cause et vous dis que rien n'est perdu pour la France. Les mêmes moyens qui nous ont vaincus peuvent faire venir un jour la victoire.
Car la France n'est pas seule ! Elle n'est pas seule ! Elle n'est pas seule ! Elle a un vaste Empire derrière elle. Elle peut faire bloc avec l'Empire britannique qui tient la mer et continue la lutte. Elle peut, comme l'Angleterre, utiliser sans limites l'immense industrie des Etats-Unis. Cette guerre n'est pas limitée au territoire malheureux de notre pays.
Cette guerre n'est pas tranchée par la bataille de France. Cette guerre est une guerre mondiale. Toutes les fautes, tous les retards, toutes les souffrances, n'empêchent pas qu'il y a, dans l'univers, tous les moyens nécessaires pour écraser un jour nos ennemis. Foudroyés aujourd'hui par la force mécanique, nous pourrons vaincre dans l'avenir par une force mécanique supérieure. Le destin du monde est là.
Moi, Général de Gaulle, actuellement à Londres, j'invite les officiers et les soldats français qui se trouvent en territoire britannique ou qui viendraient à s'y trouver, avec leurs armes ou sans leurs armes, j'invite les ingénieurs et les ouvriers spécialistes des industries d'armement qui se trouvent en territoire britannique ou qui viendraient à s'y trouver, à se mettre en rapport avec moi.
Quoi qu'il arrive, la flamme de la résistance française ne doit pas s'éteindre et ne s'éteindra pas.
Demain, comme aujourd'hui, je parlerai à la Radio de Londres."

Symbole de la résistance pendant la Seconde Guerre mondiale, « homme de la situation » pendant la Guerre d’Algérie et acteur principal de la construction de la Cinquième République, le général de Gaulle incarna la France pendant de nombreuses années. Passionné par le passé de son pays, il répondit présent à ses convictions en endossant le rôle du personnage qui ne subit pas l’Histoire mais la construit.

Une éducation traditionaliste et érudite

Né à Lille en 1890, Charles de Gaulle reçoit de sa famille une éducation conservatrice où catholicisme, patriotisme, admiration de l’Ancien Régime et érudition constituent les principales valeurs. Son père, professeur, le confie aux Jésuites et lui ouvre les portes d’une riche bibliothèque familiale que le jeune Charles dévorera, avec un intérêt particulier pour Péguy, Bergson mais surtout Chateaubriand.
S’orientant rapidement vers une carrière militaire, il entre à l’école de Saint-Cyr à 18 ans. Deux ans avant l’éclatement de la Première Guerre mondiale, il sort treizième de sa promotion et rejoint le 33ème régiment d’infanterie d’Aras alors commandé par le colonel Pétain.

 

Un militaire passionné

Lors de sa première affectation, Charles de Gaulle gagne rapidement la confiance et les éloges de Philippe Pétain ainsi que le grade de lieutenant. Quelque mois après le début de la Grande Guerre, il est promu capitaine. Il fait alors preuve d’un vif engagement lors des combats. Blessé à deux reprises et décoré de la Croix de guerre, il est finalement fait prisonnier au terme d’une courageuse bataille à Verdun. Soucieux d’être au cœur de l’action, il multiplie les tentatives d’évasion qui se soldent toutes par des échecs. Il sera finalement libéré à la fin de la guerre. Il part alors combattre en Pologne contre la Russie soviétique.
Après s’être marié en 1921, il rejoint l’école de Saint-Cyr pour enseigner mais ses théories qui mettent l’accent sur le mouvement et le rôle des blindés suscitent l’hostilité de ses supérieurs. En 1925, il est appelé par le Maréchal Pétain pour écrire une histoire du soldat français. Rapidement, les revendications de paternité sur ces ouvrages sépareront les deux hommes.
Les différentes publications de de Gaulle renforcent sa mésentente avec l’Etat-major tandis que son insistance sur l’importance des cuirassés et ses tentatives de rallier le monde politique à ses idées ternissent son image auprès de ses supérieurs.



L’Appel du 18 juin

Lorsque les combats de la Seconde Guerre mondiale débutent en mai 1940, le colonel de Gaulle est nommé à la tête d’une division cuirassée et se distingue en menant une contre attaque efficace à Montcornet. Très vite, Paul Reynaud, président du Conseil, lui donne un poste au Ministère de la Défense. Mais,  De Gaulle est fermement opposé à toute armistice. Quand Pétain signe la paix, il choisi l’exil en Angleterre pour pouvoir poursuivre le combat.
Désormais, la rupture avec son ancien supérieur se transforme en inimitié historique. Devenu général, de Gaulle défie le maréchal en lançant le 18 juin son célèbre appel dans lequel il appelle à poursuivre le combat contre les forces de l’Axe. Le nouveau gouvernement français répliquera en le faisant condamner à mort par contumace, pour haute trahison. De Gaulle va alors œuvrer pendant quatre ans à l’unification des résistants français. Son objectif est aussi que ces mouvements soient reconnus comme représentants légitimes de la France auprès des alliées. Malgré quelques divergences de vues, le général français bénéficie de l’appui officiel de Winston Churchill dès le 7 août, appui qui tranche avec la méfiance de Roosevelt.
Alors qu’il parvient à rallier certaines colonies, il unifie la résistance intérieure par l’intermédiaire de l’ancien préfet Jean Moulin.
Les Alliés reconnaissent en 1943 le Comité français de libération nationale (CFLN), tout juste créé par Giraud et de Gaulle, comme leur seul interlocuteur français. Le rôle des colonies dans la résistance permet également au général de reconsidérer leur place vis-à-vis de la métropole. Il jette ainsi les bases du passage de l’Empire à l’Union française lors de la Conférence de Brazzaville.

« Paris libéré »

Quelques jours après le débarquement en Normandie, de Gaulle prononce un discours acclamé.  Mais surtout, le 26 août 1944 il fait un triomphe à Paris lorsqu’il descend les Champs-Élysées et use de son talent d’orateur. Il prononce sa célèbre phrase : « Paris outragé ! Paris brisé ! Paris martyrisé ! Mais Paris libéré ! »
Dès le 3 septembre, il prend la tête du gouvernement provisoire qui doit faire face à des missions délicates : poursuivre la guerre jusqu’à la défaite de l’Allemagne nazi, parvenir à prendre part aux négociations de paix et rétablir la République tout en évitant la guerre civile. De Gaulle instaure donc un gouvernement d’unité nationale qui doit répondre aux attentes de chacun, y compris les communistes. Tandis que de nombreuses entreprises sont  nationalisées, les femmes obtiennent le droit de vote.
Mais la constitution qui se prépare oriente la France vers un régime parlementaire qui ne flatte guère la conception présidentielle du pouvoir de de Gaulle. Il démissionne donc le 20 janvier 1946, expose son point de vue lors de la Conférence de Bayeux au mois de juin suivant. Finalement, il fonde le Rassemblement du Peuple Français (RPF) en avril 1947. D’abord très influent, le parti décline rapidement et amène de Gaulle à se retirer de la vie politique en 1953. Il entame alors ce que Malraux appellera sa « traversée du désert ».


La naissance de la Cinquième République

En 1958, les événements d’Algérie précipitent le retour du Général sur le devant de la scène. Alors qu’il s’était retiré à Colombey-les-Deux-Eglises depuis 1953, il amorce sa réapparition en politique au printemps 1958 avant d’être appelé le 29 mai à la présidence du Conseil par René Coty.
Il charge alors Michel Debré de rédiger une nouvelle constitution qu’il fait approuver par référendum au mois de septembre suivant. En janvier 1959, il devient président d’une France désormais sous le régime de la Cinquième République. Il doit alors gérer une crise politique et monétaire. Cette seconde trouve une réponse avec la mise en place du nouveau Franc en 1960.
Quant à la crise d’Algérie, la voie du règlement sera plus longue et aboutira finalement aux accords d’Evian le 18 mars 1962. Entre temps, le Président aura su gérer le putsch des généraux et les débordement de l’OAS. Mais il est victime de l’attentat du Petit Clamart le 3 juillet. Il en sort toutefois indemne.

De l’indépendance de l’Algérie à l’indépendance de la France

Alors que l’indépendance de l’Algérie est effective, de Gaulle rencontre des difficultés en politique intérieure mais parvient à s’affirmer en terme de politique extérieur. Toutefois, malgré la contestation de certains parlementaires face à la décision d’élire le Président au suffrage universel, le référendum lui donne raison ainsi que l’élection de 1965 qui le reconduit – difficilement – dans ses fonctions.
Sur le plan international, de Gaulle impose sa vision de la France qu’il veut émanciper de ses anciens Alliés. L’indépendance vis-à-vis des Etats-Unis est un de ses thèmes privilégiés. Cela le conduit à faire sortir la France de l’OTAN en 1966. Il décide également d’opter pour l’armement nucléaire, poursuivant les principes qui l’avaient conduit en 1954 à voter contre le projet de Communauté Européenne de défense. Sa position face à l’Europe est  plutôt favorable mais par deux reprises il s’oppose à l’entrée du Royaume-Uni qu’il considère trop proche des Etats-Unis. Nommant l’ONU le « machin », il commet en 1967 un dernier coup d’éclat en proclamant « Vive le Québec libre », suscitant ainsi la colère des autorités canadiennes.
Mais, malgré l’essor économique, une crise nouvelle, réclamant la modernisation du pays, se prépare.

Mai 68

Alors que les Trente Glorieuses et le Baby-boom ont profondément modifié la société, les étudiants parisiens, sous l’impulsion des mouvements gauchistes, déclenchent fin mars 1968 des manifestations et des blocages d’université. Ils revendiquent entre autre une refonte de l’université, mais ils expriment surtout un besoin de changement dans la gouvernance du pays. Progressivement, le mouvement prend de l’ampleur et s’étend aux ouvriers. De Gaulle laisse le soin à son premier ministre Georges Pompidou d’intervenir. Mais face à un mouvement qui ne faiblit pas, de Gaulle s’envole sans prévenir le 29 mai pour Baden-Baden. De retour le lendemain, il prononce un discours de fermeté où il dénonce la « chienlit » et appelle à manifester pour le pouvoir en place.
La mobilisation qui suit cet appel est un succès, et le nouveau parti de de Gaulle sort renforcé des législatives de juin 1968. Mais l’homme, qui n’a pas compris les revendications de la jeunesse, est en décalage avec la société. Perçu comme un homme d’un autre siècle, le sursis qu’il a obtenu ne durera qu’un an. Le 27 avril, lors d’un référendum sur la régionalisation, qu’il présente lui-même comme un plébiscite, les Français votent contre la loi et l’homme. De Gaulle démissionne dès le lendemain et part en voyage en Irlande avant de passer la dernière année de sa vie à Colombey-les-Deux-Eglises.
Répondant à l’appel de l’Histoire lors de la Seconde Guerre mondiale, le jeune militaire brillant et fougueux rejoint en quelques années le statut de personnage historique. Percevant l’histoire et la politique avant tout comme l’œuvre de grands hommes, il suivait ainsi ses aspirations. Si sa méfiance vis-à-vis des partis lui fait quitter la politique en 1953, l’exceptionnelle gloire dont il jouit auprès des français lui permis d’endosser à nouveau le rôle de sauveur en 1958. Mais cet homme, qui lorgnait traditionnellement vers le passé glorieux de l’Europe et de la France de l’Ancien Régime, fut finalement rattrapé par la modernité. Ancien apôtre de la guerre de mouvement en conflit avec les conservateurs, il devint aux yeux de la jeunesse le symbole de l’immobilisme. Pourtant, sa gloire n’en fut pas véritablement ternie et sa conception de l’économie et de la gouvernance inspirera longtemps la droite gaulliste sous la Cinquième République.

"... Aucune illusion n'adoucit mon amère sérénité!"
Mémoires de guerre (1944-1946), le Salut
Charles de Gaulle

"... Certains hommes répandent, pour ainsi dire de naissance, un fluide d'autorité dont on ne peut discerner au juste en quoi il consiste ... Il en va de cette matière comme de l'amour qui ne s'explique point sans l'action d'un inexprimable charme."
Le Fil de l'épée (1932)
Charles de Gaulle

"... L'autorité ne va pas sans prestige, ni le prestige sans éloignement."
Le Fil de l'épée (1932)
Charles de Gaulle

"... L'esprit militaire, l'art des soldats, leurs vertus sont une partie intégrante du capital des humains."
Le Fil de l'épée (1932)
Charles de Gaulle

"... L'homme de caractère confère à l'action la noblesse; sans lui morne tâche d'esclave, grâce à lui jeu divin du héros."
Le Fil de l'épée (1932)
Charles de Gaulle

"... La confiance des petits exalte l'homme de caractère."
Le Fil de l'épée (1932)
Charles de Gaulle

"... Le vent redresse l'arbre après l'avoir penché."
Le Fil de l'épée (1932)
Charles de Gaulle

"... Les armes ont cette vertu d'ennoblir jusqu'aux moins purs."
La France et son armée
Charles de Gaulle

"... Toujours le chef est seul en face du mauvais destin."
Mémoires de guerre (1944-1946)
Charles de Gaulle

"A la base de notre civilisation, il y a la liberté de chacun dans sa pensée, ses croyances, ses opinions, son travail, ses loisirs."
Charles de Gaulle

"Au fond des victoires d'Alexandre on retrouve toujours Aristote."
Vers l'armée de métier (1934)
Charles de Gaulle

"Au sommet des affaires on ne sauvegarde son temps et sa personne qu'en se tenant méthodiquement assez haut et assez loin."
Charles de Gaulle

"C'est purement négatif de toujours remettre tout en cause, c'est, en somme, la marque des faibles, des incapables."
Charles de Gaulle

"Ce qu'il faut surtout pour la paix, c'est la compréhension des peuples. Les régimes, nous savons ce que c'est: des choses qui passent. Mais les peuples ne passent pas."
Charles de Gaulle

"Ce que cette sorte de perpétuelle menace pesant sur les hommes qui avaient la charge de gouverner, cet état presque chronique de crise, ces marchandages ... auront pu coûter au pays est proprement incalculable."
Mémoires de guerre (1944-1946)
Charles de Gaulle

"Ce que nous pensons de la mort n'a d'importance que par ce que la mort nous fait penser de la vie."
Propos recueillis par André Malraux dans Les Chênes qu'on abat (1971)
Charles de Gaulle

"Chaque remous met en action les équipes diverses de la hargne, de la rogne et de la grogne."
Allocution du 12 juillet 1961.
Charles de Gaulle

"Comme chef de l'Etat, deux choses lui avaient manqué: qu'il fût un chef; qu'il y eût un Etat."
Mémoires de guerre (1944-1946)
Charles de Gaulle

"Comme un homme politique ne croit jamais ce qu'il dit, il est étonné quand il est cru sur parole."
Charles de Gaulle

"Comment voulez-vous gouverner un pays où il existe 258 variétés de fromage?"
Charles de Gaulle

"Dans ce monde d'aujourd'hui, on ne peut dissocier le sentiment et la politique."
Charles de Gaulle

"Dans le conflit présent comme dans ceux qui l'ont précédé, être inerte, c'est être battu."
L'Avenir des forces mécanisées
Charles de Gaulle

"Dans le tumulte des hommes et des événements, la solitude était ma tentation. Maintenant, elle est mon amie. De quelle autre se contenter quand on a rencontré l'Histoire?"
Mémoires de guerre (1944-1946)
Charles de Gaulle

"Dans toute association de deux hommes, il y en a toujours un qui se fait porter par l'autre."
Charles de Gaulle

"De là vient qu'en ce moment, les étendards des idéologies adverses: libérale, marxiste, hitlérienne, flottent dans le ciel des batailles ..."
Mémoires de guerre (1944-1946)
Charles de Gaulle