Entre 2005 et 2010, la région aura consacré près de 4,3 milliards aux investissements. Pour soutenir un tel effort, l'équipe sortante a largement eu recours à la fiscalité. Certaines entreprises sont sévères sur ce bilan, malgré la réforme des aides économiques.
Les clefs du conseil régional de Rhône-Alpes aussitôt récupérées, la gauche s'est octroyée une rallonge de 40 millions d'euros sur le budget primitif 2004 voté par le précédent exécutif. D'emblée, elle affichait son ambition de donner un coup de pouce aux investissements. Les crédits engagés à ce titre se sont élevés à 4,27 milliards entre 2005 et 2010, en hausse de 43 % par rapport aux six années précédentes. Cependant, l'UMP Françoise Grossetête, tête de liste de droite unie, note que Rhône-Alpes se situe dans le peloton des 5 régions qui investissent le moins par habitant. « On partait de loin », répond Jean-François Debat, vice-président sortant chargé des finances et de la décentralisation. « Nous avons surtout mis un formidable coup d'accélérateur aux politiques entrant dans les compétences régionales », ajoute-t-il. En la matière, 73 chantiers immobiliers ont été réalisés dans les lycées pour un total de plus de 1 milliard d'euros. Et « plus de 100.000 mètres carrés de ces nouveaux bâtiments ont été construits selon les normes de qualité environnementale », souligne l'équipe sortante. Celle-ci se défend d'avoir agi uniquement sous la pression des Verts. « Nos priorités étaient totalement partagées », assure Jean-François Debat.
C'est le cas aussi pour les TER (transports express régionaux), qui ont bénéficié de plus de 600 millions d'euros injectés dans le renouvellement du matériel roulant et l'accroissement de 30 % de l'offre globale. En signant en 2008, deux crédits-bails de plus de 440 millions avec la Caisse d'Epargne et Dexia pour acheter 67 trains, la région a trouvé moins qu'avec des prêts classiques.
Dans les domaines de l'agriculture et de l'économie - dont les dotations ont été réévaluées de 42 % entre 2004 et 2009 pour atteindre 182,1 millions d'euros l'an dernier -, l'équipe sortante a réformé en profondeur les dispositifs précédents pour gagner en efficacité. Reste que l'aide économique accordée aux entreprises ne satisfait pas Canol. Cette association de défense des contribuables, revendiquant 1.200 adhérents, juge inconsistant les « 54 millions d'euros » distribués à ce titre en 2008 « en comparaison de 285 millions d'euros de taxe professionnelle prélevés, montant qui a été majoré de 72 millions en cinq ans ».
Une dette sous contrôle
De fait, pour se donner rapidement une marge de manœuvre financière confortable, Rhône-Alpes a relevé de 23 % les taxes foncière et professionnelle entre 2005 et 2007. La fiscalité indirecte a, elle aussi, été majorée de 53 % pour les cartes grises. En parallèle, l'endettement est passé de 608 millions en 2004 à 1,763 milliard d'euros à la fin 2009, crédits-bails inclus. Cet encours de dette est néanmoins qualifié de modéré par l'agence Fitch Ratings, qui a récemment renouvelé sa note AAA, son maximum. « Il devrait représenter un peu moins de quatre années d'épargne brute », observe un de ses analystes pour qui « la région a bien contrôlé ses dépenses de fonctionnement ». Des économies sont attendues du regroupement à l'automne prochain des 1.400 agents des services administratifs centraux au sein du nouvel hôtel de région dans le quartier de Confluences. Un « palais » dont la droite n'a pas manqué de dénoncer les dérapages en termes de coûts (141 millions d'euros au final).




