Retrouvez les dernières interventions du mois d’avril de Françoise Grossetête au Parlement Européen.
Conclusion du Conseil européen / ” Le Conseil continue d’éclairer notre avenir à la bougie.”
Journée mondiale de la Santé / ” Nous vivons une véritable crise sanitaire.”
Conclusion du Conseil européen
” Le Conseil continue d’éclairer notre avenir à la bougie.”
A l’occasion du débat au Parlement européen sur les résultats du sommet de printemps, Francoise Grossetête se déclare une nouvelle fois déçue par la faiblesse des positions du Conseil sur l’avenir de l’Europe.
“Je note avec grand intérêt les avances réalisées sur la directive des services, mais c’est un peu l’arbre qui cache la forêt.
Ce Conseil de printemps fane les fleurs de nos espérances. Il ne nous a proposé aucune perspective quand nous lui demandons d’être visionnaire.
L’accord budgétaire conclu reste bien maigre et risque d’entrainer le sacrifice des bourses Erasmus - que nous voulions développer pour les formations professionnelles - de diminuer les projets d’infrastructures de transports pourtant indispensables pour renforcer la compétitivité, et peut être même de porter atteinte à Galiléo.
Et ce sommet, qui devait lancer l’Europe de l’énergie, a décidé de repousser à plus tard les décisions. Or, la situation exige des actions communes fortes pour réduire notre dépendance énergétique, et développer de nouvelles sources.
Le Conseil continue d’éclairer notre avenir à la bougie. Qui aura le courage de parler ouvertement du nucléaire? Allons-nous attendre que notre dépendance dépasse les 50 % pour ouvrir le débat ? Et si demain, un Etat extérieur décide de couper l’approvisionnement, de nous mettre dans le noir, quelle sera la réponse de l’Europe ? “
Journée mondiale de la Santé:
” Nous vivons une véritable crise sanitaire
par manque de prévoyance “
Françoise Grossetête est intervenue en séance plénière au cours du débat portant sur la Journée mondiale de la Santé. Ci après, sa déclaration :
“Monsieur le Président, Madame le Commissaire,
Le droit à la santé est une valeur universelle. Les progrès accomplis au cours des cinquante dernières années sont extraordinaires quoique, en parallèle les coûts n’aient cessé d’augmenter.
Nous avons par ailleurs beaucoup de mal à admettre que la prévention coûte beaucoup moins cher que la réparation. Nous vivons une véritable crise sanitaire par manque de prévoyance et surtout à cause d’une vision purement comptable de la politique de santé.
Le droit à la santé est donc une valeur universelle.
L’Europe n’est donc pas la seule concernée, le monde entier l’est aussi, et plus encore les pays en voie de développement. Or, la pénurie reconnue dans le domaine de la formation des personnels médicaux (médecins, infirmiers…) dans l’Union européenne a pour conséquence le fait que les États membres font appel aux médecins des pays en développement, ce qui rend la pénurie plus grave encore dans ces pays.
J’insisterai donc sur trois points.
Premièrement, qu’il est nécessaire de former les personnels soignants dans les pays en développement et de tout faire pour qu’ils y restent, ce qui implique de mieux planifier l’organisation médicale en Europe et aux États-Unis.
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” De qui se moque-t-on encore? Le plus grave, c’est qu’il s’agit là de populations fragiles dont font partie femmes et enfants, premières victimes de nos défaillances.“
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Deuxièmement, nous avons vu se développer, depuis quelques décennies, des pandémies graves dans le monde. Les pays en développement y sont les plus vulnérables car ils ne disposent ni des moyens d’information et de sensibilisation, ni de traitements suffisants pour enrayer des maladies comme le sida, la malaria, la tuberculose, et ce, toujours par manque de personnel.
Troisièmement, j’aurais aimé que notre résolution soit plus précise sur des points essentiels, et notamment sur la disponibilité des médicaments. Je pense d’ailleurs que là encore, le manque de personnel est en cause, du fait que personne n’est là pour servir de relais. Je salue donc les actions engagées par certaines firmes européennes qui, par solidarité envers les populations, distribuent les médicaments ou les vaccins indispensables. Quand on sait la difficulté d’entreprendre de telles distributions dans ces pays où font défaut infrastructures et personnel qualifié, et parfois même toute volonté politique, l’on ne peut que reconnaître l’obligation qu’a l’Union européenne de tout mettre en œuvre pour soutenir ces démarches et même les multiplier.
Malheureusement, les propositions faites par la Commission sont largement insuffisantes à cette fin, et ce n’est pas avec le fameux accord sur les perspectives financières que les choses vont s’améliorer. De qui se moque-t-on encore? Le plus grave, c’est qu’il s’agit là de populations fragiles dont font partie femmes et enfants, premières victimes de nos défaillances.